24
juin
Quelques
fois les départs sont difficiles. On regrette. C’est le cas ce
matin.
Yorgos fils des patrons et serveur de son état n’est pas là.
La patronne nous offre un magnifique livre sur la Grèce et une petite icône de la Panaghia.
"pour vous protéger sur la route" …
Et nous la prenons la route de Ioanina.
De toutes les routes que nous avons pratiquée celle-ci est la plus mauvaise … non qu’elle tourne en permanence sur 130 km mais surtout à cause d’un revêtement qui change tous les kilomètres, des bosses des trous et des virages irréguliers.
Pour couronner le tout, il faut se méfier des traînées d’huile éjectée à tous les virages par un camion transportant un bidon probablement mal fermé.
Ma hantise !
Metsovo est un village s’étalant à flancs de coteaux et qui offre un spectacle théâtral.
Les
motards sont très fréquents sur la route et malgré les
virages ma main gauche ne chôme pas.
Ils sont légion. C’est suspect. Nous décidons de déjeuner
dans le village en contre-bas.
Là nous découvrons l’objet de cette multitude de motos.
L’accès au village est infernal. Des centaines de motards, tous équipés jusqu’aux dents de matériel de camping, partent, arrivent, stoppent pour discuter avec des collègues.
C’est
le foutoir. Nous arrivons enfin sur la place 
où trône un immense platane faisant de l’ombre
à quelques vieux babas assis , imperturbables.
Ils
sont cernés par une nuée de motos garées
les unes contre les autres.
Nous sommes
abasourdis.
Surtout quand après examen nous constatons
qu’ils sont tous immatriculés en Grèce.
Nous sommes les seuls étrangers !
La question s’impose. J’interroge un jeune homme.
-
C’est notre concentration annuelle à Igoumenitsa.
15 000 motards étaient là venus de toute la Grèce.
C’est aujourd’hui le lundi de l’Aghio Pnevma (Saint Esprit).
La fête c’était hier. Là nous rentrons chez nous,
allez bonne route …
Ils commencent à partir tout doucement. Nous déjeunons dans une petite taverne sur la place et reprenons la route pour Ioanina. Le ballet des deux roues continue.
Enfin voici Ioanina, le lac, son île, son château et ses rivages envahis de roseaux.
J’avoue
que Ioanina, en dehors de son passé Ottoman,
m’avait
peu marqué au cours de mon précédent passage
et le souvenir que j’en ai est quasiment nul.
Nous
trouvons le camping municipal (le seul) sobre,
impersonnel à souhait mais tout compte fait assez agréable.
Bar, restaurant et base nautique le jouxtent.
Heureusement.
Après avoir dressé notre tente nous partons
faire un petit tour de reconnaissance dans la ville.
Nous dînerons sur place. Il fait humide et chaud.
km 3521
25 juin
Bonne
nuit à la belle étoile.
Nous partons pour Perama visiter la grotte qu'ici on appèle
"cave" à cause des concressions qui ont l’aspect de bouteilles.
Le village à 5 km de Ioanina est charmant et accueillant.--------------------------------Aslan câmi, aujourd'hui musée
Un
kilomètre a parcourir sous terre
et quelques 500 marches a franchir,
petit groupe sous l’œil vigilant d’une jeune femme
guide qui ne parle que grec.
Nous
émergeons 45 minutes plus tard.
Petit ouzo
sur la terrasse qui surplombe
le lac et nous partons déjeuner dans le village de Perama.
Autre
ouzo (décidément) avec force mezes chez Alexis
petit café indigène et sur ses conseils nous allons
déjeuner au « Spilion » sous les platanes..----------------------------------------------------la
grotte de Perama
Ravissement d’Audrey qui découvre le « katsikaki psito ».
Elle jubile,
elle, qui depuis le début de notre séjour cherche, ailleurs que
dans les montagnes, du chevreau au four ...
C’est fait et c'est délicieux...!
Retour
au camping, car Alexis, chez qui on était invité pour le match
Allemagne/Corée à la télé,
nous a fait faux bond. Les allemands gagnent à l’arraché
1 à 0.
Cela a l’air de déplaire somptueusement à Eole qui se déchaîne littéralement.

Une tempête aussi subite que violente frappe le lac et le littoral.
Tout s’envole.
Audrey, qui était allée siester, revient sous une courte accalmie.
Elle a tout rangé sous la tente qui tient bon.
Le vent redouble de violence et ce sont les premières gouttes.
Très grosses.
Nous
nous mettons à l’abri sous la tente pour un moment,
le temps que passe l’averse.
La petite
tente, essoufflée après un mois de bons et loyaux services, craque
par ses coutures et
prends un peu l’eau.
Rien de méchant.
Une petite allemande, très petite, se débat avecl’accroche métallique des valises de sa Yam 350.
Nous
décidons quand même de lever partiellement le camp. La pluie diminue
puis cesse
et la nature manifeste son calme. Nous irons louer une chambre pour la nuit
à Perama.
Trop mouillé pour dormir à la belle étoile et la tente est trempée.
Nous arrivons au village. Un chasseur loueur de chambre, « Rooms to let » fleurissent à tous les coins de rue, nous alpague très habilement et nous propose à l’étage une mignonne petite chambre avec « bagno atomiko » et balcon pour 17 euros, le prix du camping.
Nous avons emmené un minimum pour une nuit
Nous
comptons récupérer le reste de nos affaires demain et resterons
à Perama jusqu’à notre départ.
Bibiche est bien garée.
Tandis que j’écris ces quelques lignes chez Aleko, nous y sommes revenus, Audrey m’annonce qu’elle a fini de lire et de traduire tous les panneaux, enseignes et autres annonces visibles de sa chaise …Maintenant elle sait lire le grec.
Nous allons dîner à notre cantine sous les platanes. Il est toujours bon de revenir là où on a été bien reçu. L’accueil ne peut que s’améliorer surtout si le premier pour-boire a été conséquent. Je mange une truite provenant des torrents environnants. Superbe fario à dents longues et à la chaire blanche et ferme. Après quoi nous allons faire un dodo bien sec. Demain Dodoni.
km 3549
26 juin
Une nuit dans des draps propres et secs ça fait du bien.
Grasse matinée et réveil vers 9 h. Petit déjeuner chez « Tesserisepokhes » l’autre bistrot sous les platanes.
Nous quittons Perama vers Ionanina direction Arta et Dodoni.
Route très sinueuse sut 17 km

Charmants et romantiques les quelques vestiges
de Dodoni gisent dans une plaine encaissée.
Le théâtre
est surprenant, 6000 places environ
et construit de toutes pièces sur le plateau.
Dodoni, très
ancienne cité vouée aux oracles sacrés
est aussi en pleine effervescence.
On fouille de partout
– Université de Ioanina –
l’accès aux monuments est interdit sauf pour les ruines de la basilique
byzantine ! on construit des entrepôts alors que les trouvailles mises
à jour sont, en attendant, mis sous boite ou simplement couvertes de
terre …
Les fouilles, elles, sont couvertes de toitures basses en tôle.
Après
quelques photos nous prenons
un verre au resto-hotel attenant.
Trente
deux minutes plus tard nous arrivons
pour déjeuner et voir lematch
de ½ finale Turquie/Brésil.
Nous irons démonter la tente plus tard.
1 à 0 pour le Brésil.
Audrey
est allé faire une
petite sieste et je la suit
dès la fin de la rencontre.
Des roulements de tonnerre nous réveillent vers 18 h 30.
Nous fonçons au camping. L‘orage approche, gronde de plus en plus. Nous démontons en quatrième vitesse.
Surprise à
la caisse du camping où me demande de payer une troisième journée
entière.
Je rouspète
en anglais ... Municipal qu’il est le camping … il faut …
à midi … La pluie recommence
et Audrey m’attends sur la moto.
Las, je paye
et nous filons entre les gouttes. Je retiens. Il fait meilleur à Perama.
Rangement et nous
partons dîner au « Quatre Saisons » (l’autre).
Demain dernière étape grecque, Igoumenitsa … une centaine
de kilomètres.
km 3601

27 juin
Deuxième nuit
dans des draps. Réveil vers 8 h.
Petit déj et départ pour la dernière étape grecque.
Une centaine de
kilomètres sur une route très roulante, large
et agréable.
Une heure trente
cinq pour 97 km.
Deuxième sauvetage de tortue visiblement condamnée sans l’intervention musclée d’Audrey.
Le camping est trop éloigné pour un réveil très matinal. Après quelques molles recherches d’une chambre chez l’habitant nous optons pour un hôtel en ville sur les quais d’Igoumenitsa.
Confortable, télé, clim etc … et moto bien à l’abri. Quelques courses en ville, ouzo, loukoums pour Ninou.
Il est 20 h 30. Au cybercafé Explorer ne veut pas démarrer alors je me suis connecté à un ouzo.
Nous admirons le soleil décliner dans l’Adriatique.
km 3713
Consommation
globale d’essence en Grèce :
3,5 l/100 km avec une pointe de 5 l pour la calamiteuse journée athénienne
…
28 juin
Bonne nuit à
l’hôtel et réveil à 5 h pour le check-in à
7 h avant embarquement.
Petit déjeuner continental copieux.
Nous faisons le plein à 0.78 euros le litre. J’étais à
sec.
Cafouillage au check-in de Blue Star. Panne de réseau et embarquement
prévu à 9 h au lieu de 7 h 30.
Attente.
Nous finissons
par embarquer. Cabine sur le pont N° 7 115 avec vue directe sur la mer.
C’est le même
Blue Horizon qu’il y a un mois. Même garçon de bar qui me
reconnaît comme buveur d’ouzo !
Nous partons
à l’heure malgré quelques cafouillages supplémentaires
à l’embarquement.
Télescopages et caravane impuissante sur la rampe d’accès.
Il est 11 h 30 et
c’est l’heure ouzo à bord.
Déjeuner au self de collier de mouton sauce et riz, délicieux
et sans doute derniers souvenirs gustatifs de la Grèce. Après,
il faut bien profiter de notre spacieuse et confortable cabine. Sieste géante
jusqu’à 18 h 30
Je vais voir Bibiche sur le pont N° 5 Elle est bien entourée d’autres collègues et s’initie aux langues européennes.
Dîner à bord … difficile de faire autrement !
Moi dodo, Audrey a la permission de minuit. Elle va en boite. Apprend le sirtaki avec un représentant de commerce grec et se fait draguer par un jeune turc.
Gros orage en mer et légère houle.
29 juin

Débarquement
à Venise comme prévu à 9 h.
Petit ouzo.
Petits
achats à Venise et nous filons au travers
de la Vénétie, Lombardie, Piémont et finalement
après un excellent déjeuner vers Piacenza nous
décidons de joindre Opio directement
et sans autres escales.
Arrivée à 9 h
30
juin
Après le match de finale Brésil/Allemagne (2 à 0) direction Alès.
Audrey en voiture avec Abi et moi seul sur ma Bibiche.
Arrivée vers
19 h 30 (pour l’apéro !!!)
Tonton Jean Pierre nous attends devant l’appartement. La boucle est bouclée
en 31 jours et 4680 km