Didier Audenaert, dit
“Troutrou” pour les motards, est cévenol d’adoption
depuis bientôt 30 ans.
Avec six de ses copains du Moto Club d’Avignon il participera la semaine
prochaine au préstigieux
Moto Tour Dark Dog (sous le numéro 128) sur sa BMW 650 RS de 1979 qu’il
a entièrement renové,
optimisation de la suspension, renforcement des éclairages etc ...
Rien d’étonnant à cela car Troutrou
est mécanicien moto et son papa, Frans, n’est autre que le vainqueur
du Bol d’Or 1952.
Une
chevauchée historique
Quelques 200 motos, reparties en trois catégories
vont prendre le départ à Reims. Lui participera à l’épreuve
dans la catégorie “Promotion Classique” réservée
aux engins immatriculés entre 1955 et 1980 et qui comporte
43 pilotes. Les spectateurs pourront admirer quelques petites merveilles telles
des Yamaha, Guzzi, Kawasaki, Rickman, BMW, Vincent, Laverda, Ducatti etc ...
qui passeront dans la région le 28 septembre (Uzès, Moussac,
Arpaillargues, Bagnols, Saint-Victor Lacoste, Canaules ...)
Le parcours comporte 9 étapes dont une de nuit, representant une distance
totale de plus de 3000 kilometres
sur routes ouvertes et non gardées a parcourir a la moyenne horaire
de 60 km/h. Les pilotes disputent 12 speciales chronometrées sur route
fermée dont 2 de nuit et 3 sur circuits de vitesse, dont 1 de nuit.
Reims 22/23
septembre : vérifications techniques et administratives, départ
le dimanche 24. 25 septembre :
Reims - Nevers Magny-Cours. 26 : Magny-Cours – Castres (étape
marathon de 720 km). 27 : Castres – Castres. 28 Castres – Toulon
et enfin 29 , 30 et 1er octobre : Toulon avec l’arrivée sur le
Mont Faron.
Quand
de motard on devient homme d’affaires
La participation à cette épreuve est de
1.100 €. Il faut donc trouver sponsors et partenaires. Troutrou a fait
appel à ses copains et a pu boucler son budget grâce à
“La Casse de l’Oncle Tom”, “L’Atelier Bois”,
“Cuir et Clès Service” et Le bar “Le Pagnol”
de La seyne sur Mer. Soutien financier indispensable puisqu’il faut
aussi assurer la logistique pour l’équipe avignonaise avec trois
camionettes d’assistance et même ... une cuisinière, car
bien manger c’est aussi très bon pour le moral. Bonne route Troutrou
et pourquoi pas un podium.
UN PEU D’HISTOIRE DU MOTO TOUR
Si le Tour de France Moto est véritablement né en 1973, on retrouve
trace d'une épreuve en 1954,
mais la liste des engagés ne comprenait essentiellement que des militaires.
L'ambition des organisateurs de l'époque était de promouvoir
l'image de la moto à travers la France. Mais bien vite de "promenade
bucolique" le Tour devient
une véritable épreuve sportive.
Pour mener
à bien cette course il faut une organisation sans faille. C'est sous
la direction de Elie Wermelinger,
qui a déjà une grande expérience du Tour de France cycliste,
que le Tour de France Moto 1973 voit le jour avec succès. La couverture
médiatique, surtout radio, est exceptionnelle pour une épreuve
de moto et les partenaires de l'époque renforcent la notoriété
de cette course (L'Equipe, RTL, TOTAL, FFM...). Pour cette première
édition les concurrents devaient parcourir plus de 3000 km et c'est
Alain Renouf, qui malheureusement se tua en course quelques mois plus tard,
qui devient le premier vainqueur du Tour.
Les révélations émergent
Les épreuves suivantes devinrent encore plus
difficiles. Et les organisateurs firent la part belle à la régularité
au détriment des épreuves sur circuit. Les routes empruntées
étaient de plus en plus piégeuses (gravillons, chemins...)
et certaines étapes resteront gravées à jamais dans les
mémoires, comme cette édition 1977 qui a vu se succéder
les inondations et la neige en plein mois de mai en Andorre. Alors face aux
"ténors" des noms émergent, tel Marc Aritzia, le dentiste
basque qui tint la dragée haute aux favoris du Tour 79 avant d'abandonner
sur chute au Paul Ricard.
Certains pilotes se sont fait connaître grâce au Tour de France.
C'était le cas de Rigoni (vainqueur en 1978),
de Chomat (vainqueur en 1977) qui fit ensuite une belle carrière sur
4 roues. Sans oublier Christian Estrosi
et Marc Fontan (vainqueur 250 cc en 1976 et 6e du général).
Les
machines s’affûtent.
Les machines employées étaient très
différentes. De la machine d'origine de différentes cylindrées
aux "monstres"
hyper affûtés, le Tour de France a vu s'affronter les "extrêmes".
125 trial, 250 route, 900 Bol d'Or kitée 100 cv,
BMW 750 H2, 900 Kawasaki, Godier Genoud etc... Par exemple la SUZUKI du basque
Aritzia possédait un kit Yoshimura avec pistons haute compression,
arbre à cames racing et une partie cycle revue par le "sorcier"
lorrain Pascal Schiltz qui, pour arrêter les 115 cv de la bête
avait doté l'engin de 3 freins à disque Brembo de compétition.
Le dernier vainqueur en 1981, Jean Louis Chevelle, un policier rémois
du CMPN, s'imposa au guidon de sa Kawasaki Godier Genoud.


